Protège moi de mes amis...
Mes ennemis je m'en charge.
Dès mon enfance, mes yeux se sont ouverts sur la mort et la violence. J'ai ressenti la guerre que les adultes se livraient au nom des libertés.
A l'âge d'homme, je l'ai faite moi-même. Autre guerre... autre violence. Le meurtre collectif est glorifié s'il se commet au son de l'hymne national. Les guerres vécues, les guerres racontées, les guerres ressenties ne m'ont pas donné l'exemple du respect de la vie. Elles n'ont que légalisé l'assassinat à mes yeux. On a armé ma main au son de la Marseillaise et cette main à pris goût à l'arme. On m'a appris la violence et j'ai pris goût à la violence.
Depuis que j'ai vu le jour, les hommes se massacrent de par le monde, s'assassinent, se parjurent au nom d'un idéal qu'ils se donnent pour justifier leurs actes... Alors, aujourd'hui, face à mes juges, face à mes accusateurs, je resterai froid s'ils me parlent du respect de la vie. Car l'homme est un loup pour l'homme : et si, parfois, il se met en meute pour rendre sa justice, il n'en reste pas moins un loup, comme celui qu'il s'est autorisé à juger. Je n'ai mené qu'une guerre personnelle dans un milieu qui n'est pas celui du plus grand nombre. Ce milieu a ses lois... A ce jour, je n'ai jamais vu un citoyen pleurer la mort d'un truand. Je ne lui reconnais donc aucun droit de justice en ce qui concerne les comptes que nous réglons entre nous.
Si j'ai volé je n'ai jamais dépouillé de pauvres. Je me suis attaqué aux banques ou à des entreprises pour la plupart de mes agressions. Je n'ai jamais usé de violence sur un caissier ou un transporteur de fonds et je crois avoir toujours travaillé proprement. Je n'ai ni violé, ni agressé de vieillards, ni exploité de femmes. Si j'ai épousé l'aventure, c'est que j'aimais le danger.[...]
Si j'ai rayé le mot <<pitié>> de mon vocabulaire, que j'ai trop vu d'injustices, trop vu d'hommes creuver en prison, trop vu d'homme détruire l'homme.
Jacques Mesrine
C'est celui que vos pairs ont condamné
En rendant la justice au nom des libertés.